Pointeuse restaurant : bien pointer en cuisine et en salle
22/10/2026 - Stafscan
Une pointeuse de restaurant doit gérer ce que les autres métiers connaissent peu : les coupures entre midi et soir, une cuisine qui arrive bien avant la salle, des fermetures tardives et des extras qui ne viennent qu'un soir. La solution la plus simple est une tablette posée à l'entrée du personnel, sur laquelle chacun pointe chaque arrivée et chaque départ, coupure comprise. Les heures réelles remontent alors d'elles-mêmes, et le calcul des heures supplémentaires selon la convention HCR repose sur des chiffres justes.
Pourquoi pointer est plus difficile en restauration ?
Dans un bureau, une journée tient souvent en deux lignes : arrivée le matin, départ le soir. En restaurant, une même journée peut compter quatre pointages ou plus :
- la coupure entre le service du midi et celui du soir, qui n'est pas du temps de travail ;
- la cuisine qui commence la mise en place une ou deux heures avant l'ouverture ;
- la salle qui finit après le dernier client, parfois bien après l'heure prévue ;
- les extras, présents un soir ou un week-end, qu'il faut payer à l'heure près ;
- les pauses repas, prises avant le service ou entre deux coups de feu.
Un cahier rempli à 23h30 par un serveur fatigué ne capte rien de tout cela. Il note l'horaire prévu, pas l'horaire réel.
Où placer la tablette dans un restaurant ?
Placez-la à l'entrée du personnel, jamais en salle. Trois raisons :
- vos clients n'ont pas à voir votre équipe pointer ;
- le salarié doit pointer avant de se changer et de commencer, pas une fois en poste ;
- la salle est un lieu de passage où la tablette risque d'être déplacée ou abîmée.
L'idéal est le couloir de service ou le vestiaire, sur un support mural, près d'une prise, loin des fourneaux et des éclaboussures. Si la cuisine a sa propre entrée, c'est là qu'il faut la mettre : c'est l'équipe qui arrive la première.
Comment pointer une journée en coupure ?
La règle est simple : on pointe à chaque fois qu'on commence et qu'on arrête de travailler. La coupure se trouve alors naturellement exclue du temps de travail.
Prenons Karim, commis de cuisine, un mardi :
- arrivée à 10h00 pour la mise en place ;
- départ en coupure à 14h45 ;
- retour à 18h00 ;
- départ à 23h10 après le nettoyage.
Le calcul :
- matin : de 10h00 à 14h45, soit 4h45 ;
- soir : de 18h00 à 23h10, soit 5h10 ;
- total de la journée : 4h45 + 5h10 = 9h55 de travail.
La coupure de 3h15 n'est pas comptée. La journée reste sous la limite de 10 heures de travail par jour fixée par l'article L3121-18, sauf dérogation. Si Karim avait noté « 10h-15h et 18h-23h » de mémoire, il aurait écrit 10h00 de travail pile. Sur une journée l'écart est faible, sur un mois il ne l'est plus.
Un point de vigilance apparaît aussi : Karim finit à 23h10. Pour respecter les 11 heures de repos consécutives entre deux journées (L3131-1), il ne peut pas reprendre avant 10h10 le lendemain. Un planning qui le fait revenir à 10h00 pose problème. Si le planning prévoit une fin à 23h10 et une reprise à 10h00, le planning Stafscan affiche une alerte au moment où vous construisez la semaine. Un service qui déborde le jour même se voit ensuite sur la grille, les heures pointées en face du créneau prévu.
Pour aller plus loin sur ce sujet, lisez notre article sur les coupures midi et soir en restauration.
Et les pauses repas ?
Le repas pris avant le service, souvent vers 11h30 ou 18h00, est une pause. Vous avez deux façons de le gérer :
- le faire pointer : le salarié pointe « pause » puis « retour de pause », et la durée réelle est déduite ;
- le déduire automatiquement selon le planning : si le créneau prévoit 30 minutes de pause, elles sont retirées sans que le salarié ait à pointer.
La seconde option est plus légère au quotidien. La première est plus juste si les pauses varient beaucoup d'un jour à l'autre. Dans tous les cas, gardez en tête qu'une pause de 20 minutes consécutives est due dès que le temps de travail de la journée atteint 6 heures (L3121-16).
Si votre établissement verse des primes de repas, elles apparaissent dans le récapitulatif mensuel avec les heures.
Comment empêcher un salarié de pointer pour un collègue ?
C'est la crainte la plus fréquente des restaurateurs : le premier arrivé pointe pour le serveur en retard. La réponse est la photo au pointage, en option. La tablette prend un cliché au moment où le salarié valide son code. Vous pouvez la déclencher à chaque pointage ou de temps en temps.
Cette photo n'est pas de la reconnaissance faciale : c'est une image que vous consultez en cas de doute. La CNIL considère d'ailleurs que la biométrie n'est pas justifiée pour le simple contrôle des horaires. Informez votre équipe avant d'activer la photo.
Comment gérer les extras et les saisonniers ?
Un extra est un salarié comme un autre pour la pointeuse. Créez-le dans l'outil avant son premier service : il reçoit son code PIN à 4 chiffres et pointe comme le reste de l'équipe. Ses heures réelles apparaissent dans le récapitulatif du mois, prêtes à être payées.
Pour un saisonnier, même logique, avec en plus ses heures de contrat renseignées, pour que les compteurs et les heures supplémentaires soient calculés correctement.
Comment la pointeuse calcule les heures sup en HCR ?
Dans les hôtels, cafés et restaurants, la convention HCR fixe ses propres taux de majoration :
- 10 % de la 36e à la 39e heure ;
- 20 % de la 40e à la 43e heure ;
- 50 % à partir de la 44e heure.
Le calcul se fait par semaine civile, du lundi au dimanche. Exemple : Karim, sous contrat de 39 heures, fait 42 heures dans la semaine.
- de la 36e à la 39e heure : 4 heures majorées à 10 %, qui sont ses heures structurelles, prévues au contrat ;
- de la 40e à la 42e heure : 3 heures majorées à 20 %.
La pointeuse fait ce découpage semaine par semaine, pour chaque salarié, à partir des heures réellement pointées. Elle gère aussi les contrats de 39 heures et le repos compensateur de remplacement si vous l'utilisez. Pour le détail de la méthode, consultez notre guide sur les heures supplémentaires en restauration.
Une pointeuse sur tablette pensée pour la restauration vous évite ces calculs à la main, tout en gardant la trace de chaque pointage.
Que voit le gérant pendant le service ?
Pendant le coup de feu, vous n'avez pas le temps de vérifier qui est là. Depuis votre téléphone, vous voyez en direct qui est présent, en pause, en retard ou pas encore arrivé. Si vous faites aussi votre planning dans Stafscan, chaque journée passée montre les heures pointées en face du créneau prévu : un commis parti à 15h30 au lieu de 14h45 se voit immédiatement.
Et en fin de mois, le récapitulatif pour la paie regroupe heures, heures sup par taux, absences, primes de repas et heures de nuit, dans un fichier Excel pour votre comptable. Si votre équipe compte beaucoup de renforts, notre article sur les extras et saisonniers en restauration complète cette approche.
En résumé
- En restaurant, on pointe chaque début et chaque fin de travail : la coupure sort alors d'elle-même du temps de travail.
- La tablette se place à l'entrée du personnel, jamais en salle.
- Une journée 10h00-14h45 puis 18h00-23h10 fait 9h55 de travail, et impose une reprise au plus tôt à 10h10 le lendemain.
- La photo au pointage, en option, dissuade de pointer pour un collègue, sans recourir à la biométrie.
- En HCR, les heures sup sont majorées à 10 %, 20 % puis 50 %, calculées par semaine civile.
Questions fréquentes
La coupure doit-elle être pointée ?
Oui, en pointant la fin du service du midi et le retour du soir. C'est la seule façon de connaître l'heure réelle de sortie et de retour, et donc le temps réellement travaillé.
Faut-il une tablette pour la cuisine et une pour la salle ?
Non, une seule suffit dans la plupart des restaurants, à condition qu'elle soit sur le passage de toute l'équipe. Si la cuisine et la salle ont des entrées très éloignées, choisissez celle que tout le monde emprunte.
Un extra d'un soir doit-il pointer ?
Oui. Créez-le avant son service, il reçoit un code à 4 chiffres. Ses heures réelles remontent dans le récapitulatif du mois comme celles des autres salariés.
Et si un serveur oublie de pointer sa sortie ?
Il peut signaler l'oubli depuis son lien personnel, sur son téléphone. Vous validez ou corrigez l'heure, et la modification reste tracée.
Pour voir comment cela se passe dans votre restaurant, testez la pointeuse Stafscan pendant 30 jours, gratuitement et sans carte bancaire.