Archivage des temps de travail : combien de temps faut-il vraiment garder vos pointages ?
10/07/2026 - Stafscan
Question qui revient régulièrement chez les gérants de cabinet de soins, de pharmacie ou de cabinet médical : combien de temps faut-il conserver les pointages, les rapports d'heures, les fiches de paie ? La réponse varie selon votre secteur, votre convention collective et la nature du document. Voici un guide clair pour éviter d'archiver inutilement — ou pire, de jeter trop tôt.
Les obligations générales du code du travail
Pour tout employeur français, le code du travail impose plusieurs durées d'archivage :
Décompte des heures travaillées (article D3171-16) : 1 an au minimum à compter de la fin de période concernée. Beaucoup d'employeurs prudents conservent 5 ans.
Fiches de paie (article L3243-4) : conservation par l'employeur pendant 5 ans. Le salarié, lui, doit les conserver à vie (preuves pour la retraite).
Registre unique du personnel (article L1221-13) : conservation 5 ans après le départ de chaque salarié.
Contrats de travail : 5 ans après la fin du contrat.
Justificatifs de cotisations sociales : 3 ans pour les documents URSSAF.
Les obligations spécifiques au secteur santé
Si vous gérez un cabinet de soins (dentaire, vétérinaire, kiné, médical de groupe), les obligations sont souvent plus strictes :
Dossiers médicaux des patients : 20 ans à compter du dernier passage (article R1112-7 du code de la santé publique).
Documents de paie des salariés en cabinet médical / dentaire : généralement 10 ans, conformément aux exigences de l'Ordre professionnel et de l'URSSAF santé.
Archives des praticiens libéraux : durée variable selon l'Ordre, mais généralement entre 10 et 30 ans pour les éléments comptables.
Convention collective des cabinets dentaires : recommande explicitement 10 ans pour les éléments de paie et les décomptes d'heures.
Le piège : confondre "minimum légal" et "prudence raisonnable"
Le minimum légal pour les décomptes d'heures est de 1 an. Mais en pratique, conserver seulement 1 an est extrêmement risqué :
- L'URSSAF peut remonter sur 3 ans (en redressement) ou 5 ans (en travail dissimulé)
- Un salarié peut saisir les Prud'hommes jusqu'à 3 ans après les faits (1 an seulement pour les heures supplémentaires depuis 2024)
- Une CCN sectorielle peut imposer plus
Recommandation universelle : conservez vos pointages 10 ans, quelle que soit votre activité. Le coût est négligeable (cloud storage à 5€/mois), et vous êtes couvert dans tous les cas de figure.
Comment archiver concrètement
Option 1 — Stockage chez votre éditeur de pointeuse
Si votre pointeuse digitale est en SaaS (cas le plus courant en 2026), vos données sont conservées tant que votre abonnement est actif. Stafscan, par exemple, archive automatiquement tous les pointages sur ses serveurs en France.
Avantage : zéro effort de votre côté.
Limite : si vous changez d'éditeur ou arrêtez votre abonnement, vous perdez l'accès aux données. À tester systématiquement : pouvez-vous exporter l'historique complet avant de partir ? La réponse doit être oui.
Option 2 — Export mensuel + stockage cloud personnel
La méthode la plus robuste : chaque fin de mois, vous exportez votre rapport Excel depuis votre pointeuse et vous le stockez dans un cloud personnel (Drive, Dropbox, OneDrive, NAS pro). Vous conservez ainsi vos données indépendamment de l'éditeur.
Avantage : maîtrise totale, conservation pérenne, multi-éditeur.
Limite : nécessite une discipline mensuelle (5 minutes par mois).
Option 3 — Export mensuel + archivage papier
Pour les patrons qui préfèrent le tangible, vous pouvez imprimer chaque mois un PDF du rapport et le classer dans un dossier physique.
Avantage : pas de dépendance à la technologie.
Limite : volumineux, fragile en cas d'incendie/dégât des eaux, recherche d'informations laborieuse.
L'option recommandée en 2026
Combinez Option 1 + Option 2 : laissez votre pointeuse archiver pour vous, mais exportez aussi chaque mois en Excel dans votre cloud. Vous bénéficiez du confort SaaS tout en gardant la souveraineté sur vos données.
Le temps total : 5 minutes par mois. Le coût : 5€/mois pour 100 Go de cloud. Inscrivez la tâche dans votre routine de fin de mois, avec l'envoi du rapport au comptable.
Le cas spécifique du RGPD
Conserver des données de pointage des salariés implique de respecter le RGPD. Les principes clés :
Finalité : les données ne servent qu'à la gestion du temps de travail et à la paie. Pas à autre chose (pas de croisement marketing, pas de revente).
Durée de conservation : doit être justifiée par une obligation légale. Conserver 10 ans des données de pointage est justifié (URSSAF, CCN). Conserver 30 ans serait abusif.
Information du salarié : à l'embauche, vos salariés doivent être informés des données collectées (pointage, photo si vérification activée, durée de conservation).
Droit d'accès et de rectification : un salarié peut demander à voir ses pointages. La pointeuse doit pouvoir les exporter à sa demande.
Hébergement UE : les données doivent rester dans l'Union Européenne. Vérifiez auprès de votre éditeur que c'est bien le cas — c'est souvent une bonne raison de préférer un éditeur français.
À retenir
- Le minimum légal d'archivage des décomptes d'heures est 1 an, mais 10 ans est la norme prudente en 2026.
- Les cabinets de soins ont des obligations plus strictes (10 ans typique, parfois plus).
- La méthode recommandée : stockage SaaS chez l'éditeur + export mensuel dans votre cloud personnel.
- Le RGPD s'applique : information du salarié, hébergement UE, durée justifiée.
- Coût total de l'archivage : 5€/mois et 5 minutes par mois. Aucune raison de ne pas le faire.