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Brasserie : tout savoir sur le pointage en restauration rapide vs traditionnelle

18/09/2026 - Stafscan

Brasserie : tout savoir sur le pointage en restauration rapide vs traditionnelle

Vous gérez une brasserie — ce format hybride entre restaurant traditionnel et restauration rapide. Service en salle, mais menu plus court. Plats du jour, mais service continu de 11h à 23h. Cuisine permanente, mais sans le formalisme d'un gastro. C'est précisément ce caractère hybride qui rend le pointage plus complexe qu'on ne le pense.

Voici comment organiser le pointage d'une équipe brasserie en évitant les pièges des deux mondes.

Brasserie : le pire des deux mondes (au début)

Sur le plan du temps de travail, une brasserie cumule :

De la restauration traditionnelle :

  • Une équipe stable (souvent 8-15 personnes en permanence)
  • Des coupures parfois (midi 11h-15h, dîner 18h-23h), parfois non (service continu)
  • Des extras le weekend
  • Des heures de soir qui s'étirent (fermeture ~23h30 + nettoyage = 0h30)

De la restauration rapide :

  • Un rythme rapide, peu de pauses possibles pour les serveurs
  • Des rotations courtes (3-4h par service)
  • Des appoints fréquents en cuisine pendant les rushs

Au final : votre équipe n'a pas un schéma "matin / soir" propre, mais des plages travaillées par à-coups. Le pointage manuel devient très approximatif.

Le service continu : le faux ami

Beaucoup de brasseries se vantent du "service continu" de 11h à 23h. Sur le papier, c'est un argument client. En pratique, ça veut dire que vos salariés n'ont pas de coupure définie — donc pas de moment précis pour aller pointer leur sortie.

Conséquence typique : sur un cahier de pointage, votre serveur note "11h-23h" tous les jours, même si en réalité il prend 1h de pause cumulée dans la journée. Vous payez 12h alors qu'il en a travaillé 11.

Sur un mois : 22h non comptées = 22h × 12€/h = 264€ "donnés" à un salarié. Sur 6 serveurs : ~1 600€/mois versés sans contrepartie ni traçabilité.

La méthode propre : pointage à chaque entrée et sortie

Imposez à votre équipe de pointer à chaque entrée et chaque sortie, même pour une pause de 15 minutes :

  • 11h00 : arrivée → scan entrée
  • 14h30 : pause repas → scan sortie
  • 15h15 : retour → scan entrée
  • 18h00 : pause détente → scan sortie
  • 18h10 : retour → scan entrée
  • 23h45 : départ → scan sortie

Total compté : 11h45 - 0h55 (pauses) = 10h50 de travail effectif.

C'est précis, c'est juste, c'est défendable juridiquement.

Vos serveurs vont-ils accepter ?

C'est la première résistance que vous entendrez : "On va passer notre temps à scanner !"

Réalité chiffrée : 1 scan = 2 secondes. Avec 4 scans par jour (entrée-pause-retour-sortie) = 8 secondes par jour. Sur 6 jours de travail = 48 secondes par semaine.

48 secondes par semaine pour avoir une paie juste, c'est largement acceptable. Tous les serveurs comprennent ça quand vous l'expliquez clairement.

Le cas des extras en brasserie

Beaucoup de brasseries embauchent 2-4 extras chaque vendredi-samedi soir. Pour ces personnes :

Si l'extra a déjà travaillé chez vous : son compte est conservé, il pointe avec son QR Code habituel.

Si c'est un nouveau : vous créez son compte en 30 secondes à son arrivée (saisie nom, prénom, email — ou Code PIN si pas d'email). Il pointe pendant son service. Vous générerez le CDDU à partir des heures réelles.

Sur une saison complète, vous accumulez une base d'extras fiables avec historique de pointage. Précieux pour la fidélisation et la transparence.

L'export pour la paie multi-statuts

Votre rapport mensuel doit pouvoir distinguer :

  • CDI : votre équipe permanente
  • CDD saisonniers : embauches longues (été, période de Noël)
  • CDDU extras : services ponctuels

Pour chaque catégorie, le calcul de paie diffère (notamment la majoration de précarité pour les CDD/CDDU). Une bonne pointeuse vous laisse marquer le statut de chaque salarié, et le rapport regroupe les heures par statut.

Cas concret : une brasserie marseillaise

Imaginons une brasserie à Marseille avec 12 salariés permanents + 4 extras récurrents. Avant pointeuse digitale :

  • Cahier de pointage à l'entrée du staff, rempli approximativement
  • Service continu déclaré "11h-23h" par défaut
  • 2-3 heures par mois passées à reconstituer les heures
  • Estimation : ~25h non comptées par mois (mais "données" en sur-déclaration), avec une dette morale grandissante

Après pointeuse digitale :

  • Tablette à l'entrée, pointage entrée/pause/sortie systématique
  • Découverte au premier export : l'équipe effectue en réalité 8h de plus que déclaré par mois en moyenne (les sortir prévues 23h restent jusqu'à 0h)
  • Régularisation transparente avec l'équipe
  • Plus de zone grise, paie exacte

ROI : 30-80€/mois pour clarifier des centaines d'euros de zones grises mensuelles.

La spécificité du service continu : structurer les pauses

Si vous fonctionnez en service continu, imposez des pauses définies plutôt que de laisser chacun s'arranger :

  • Pause repas obligatoire entre 14h30 et 15h30 (45 min)
  • Pause détente recommandée entre 17h45 et 18h00 (15 min)

Avec cette structure :

  • Vos salariés savent quand pointer leurs pauses
  • Vos heures de travail effectif sont plus précises
  • La CCN HCR (minimum 30 min de pause pour 6h+) est respectée

À retenir

  • La brasserie cumule les défis de la restauration traditionnelle et rapide, rendant le pointage manuel particulièrement approximatif.
  • Le service continu doit s'accompagner de pauses définies, sinon les heures sur le cahier deviennent fausses.
  • Imposez pointage à chaque entrée/sortie, y compris pour les pauses (2 secondes par scan).
  • Structurez le statut multi (CDI/CDD/CDDU) dans votre pointeuse pour une paie juste.
  • ROI : 30-80€/mois pour clarifier des heures floues qui coûtent typiquement plusieurs centaines d'euros mensuels.